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Les Dispositifs de projection

Les dispositifs "primaires"

Les dispositifs | Explications | Illustration

   La plupart des dispositifs de projection, y compris ceux qui sont conçus pour des installations, peuvent être interprétés comme des variations autour de quelques schémas simples que l'on pourrait appeler dispositifs primaires.
   Ils sont dits primaires parce qu'ils utilisent le minimum de projecteurs possible pour obtenir un nombre donné de dimensions spatiales.
   De ces dispositions élémentaires, on peut extrapoler des extensions, obtenues par subdivision des lignes, surfaces ou volumes délimités par les projecteurs principaux, qui permettent d'augmenter la résolution du dispositif, déterminant ainsi la précision spatiale de la projection, et donc celle des masses spatiales des objets sonores que le dispositif peut supporter.
   Des variations peuvent étendre l'organisation des dispositifs primaires tout en offrant des propriétés similaires, et bien sûr ces dispositifs peuvent être combinés entre eux pour former des hybrides ou des associations complexes.

   Quel est l'intérêt d'une telle présentation ?
   Le plus important me semble être de prendre conscience de la diversité possible des dispositifs de projection et de quelles manières ils peuvent s'adapter à ou suggérer des écritures spatiales particulières.
   Les applications peuvent être de faciliter les transcriptions entre formats de réalisation et formats de projection, de trouver quels sont les plus petits dénominateurs d'un dispositif complexe pour organiser les canaux par rapport à un matériel ou à un logiciel donné (cartes sons, technique multi-surround...) ou par rapport à des formes ou des organisations de masses spatiales particulières.

 

 Les dispositifs

 

dimensions
primaires
extensions
variations
hybrides
0
point (1) (contre une surface - sol, mur, plafond - suspendu, sur pied etc.) agrégat directionnel ou omnidirectionnel , 2 et plus en groupe serré

 

 

1
ligne (2) ligne 3 et plus... chemins-lignes (non rectilignes) , colonne (vertical), arcs de cercles... intermédiaires avec la surface. hélice (chemin-ligne volume), série de lignes-surfaces (lignes parallèles, concentriques...), le cercle peut aussi être considéré comme une ligne bouclée.
2
surface 3
la surface 4 peut être également considérée comme primaire puisque c'est la première (en nombre de canaux) à définir complètement les axes X et Y (verticale (écran) ou horizontale (sol, plafond))
cercle-surface 5 ("surround", et 6, 7 etc... ) ; surface 9 par subdivision d'ordre un (une enceinte est insérée entre chaque interval) et plus donnent des "réseaux 2D" (disque...) ; le dôme peut être considéré comme une surface bombée surfaces irrégulières,
chemins-surfaces
(lignes plus ou moins bouclées)...
série d'arches, surfaces parallèles (sol et plafond par exemple) etc...
la disposition en plans souvent utilisée en concert par les acousmoniums "classiques" (GRM, Motus...).
3
pyramide (4) , cube (8) : comme pour les surfaces, si la pyramide permet d'accéder à la troisième dimension le cube permet de définir entièrement le volume. dôme par subdivision de la pyramide ;
la subdivision du cube d'ordre 1 donne le cube 27 où chacune des faces correspond à une surface 9 plus le centre ; la subdivision du volume d'ordre 2 donne le cube 16, petit cube inclut dans le grand ; le dispositif
"surround standard" 17.1 peut être considéré comme une extension irrégulière du cube.
combinaisons du cube 27 et du cube 16 ; sphère par déformation du cube ou dédoublement du dôme, sphères concentriques (subdivisions)...

 

 

 Explications

   Avec une à quatre enceintes on forme les dispositifs primaires correspondant au point, à la ligne, à la surface et au volume.

   Mais attention : il ne s'agit ici que de la forme géométrique représentée lorsque l'on relie les points de projection par des lignes virtuelles. La "réalité" sonore perceptive des ces dimensions dépend entièrement des masses spatiales des objets qui peuvent s'inscrire à l'intérieur de ce maillage, des autres critères sonores ainsi que de la nature des variations de ces critères : le dispositif de projection constitue un support qui détermine un certain éventail de possibles spatiaux.

   Par exemple, les deux enceintes du dispositif primaire "ligne 2" peuvent supporter des objets de masse-canal 1 dont le site coïncide alors avec l'une OU l'autre enceinte (espace cloisonné bi-piste). Dans ce cas, l'alignement des deux enceintes ne correspond à aucune "ligne" sonore mais à deux points, plus ou moins indépendants selon l'écart angulaire ou la distance qui les sépare (en fonction de la place occupée par l'auditeur) et leur orientation. De même, une surface consituée uniquement de sa périphérie, sans points de projections à l'intérieur ("cercle 8" par exemple) peut sonner plutôt comme une ligne bouclée.
   S'il y a des objets de masse-canal 2 (aire = 2) la ligne virtuelle qui les relie peut se "matérialiser" en fonction de la densité et de l'organisation de la masse spatiale, et toujours de la position relative entre les deux enceintes. Le cas particulier que représente l'écart et de l'orientation des enceintes dans le standard stéréophonique à deux canaux permet aux compositeurs et aux ingénieurs du son d'organiser les masses spatiales de leurs objets sur cette ligne virtuelle.
   L'extension de cette ligne par ajout de canaux supplémentaire (par exemple un troisième point situé au centre dans le format cinéma LCR, ou pour la partie frontale du "surround" actuel) lui donne plus de consistance en augmentant la résolution possible des masses spatiales, mais ne change pas sa nature si les points de projection restent compatibles avec ce type d'alignement.

 

 Illustration à
 partir des
 dispositifs
 d'Acousma-Parc

   J'ai horreur de m'auto-citer, mais comme je ne connais pas d'autre exemple d'exploration systématique des rapports entre dispositifs et composition, je me permets néanmoins de le faire cette fois-ci...

  Acousma-Parc est une installation acousmatique littérallement utopique, sans lieu, car si une première version a été réalisée entre 1991 et 1995, elle n'a encore jamais trouvé d'endroit pour exister (traduire : de personne intéressée pour programmer quelque chose d'uniquement acousmatique, nécessitant des moyens importants et produit par quelqu'un d'aussi peu célèbre...).

  Neuf dispositifs, comportant de un à neuf canaux et correspondant à neuf compositions indépendantes, sont installés dans un lieu comportant neuf zones : six salles fermées, un escalier, un couloir et un "hall" ouvert.

Cent-vingt-huit Instantanés, neuf canaux. Petite salle, en écran. Les enceintes sont disposées contre un mur et forment un plan vertical composé de neuf points de projection. Acoustique mate.

extension du dispositif primaire surface à quatre canaux, présentation frontale.

Petite Féérie en quatre dimensions, huit canaux. Petite salle, en cube. Les faibles dimensions du lieu font que les "trous acoustiques" (sites fantômes par rapport aux sites coïncidents) dûs aux écarts entre les projecteurs ne sont pas trop gênants.

dispositif primaire cubique, 8 canaux

"Le ruban des excès", sept canaux. Petite salle, acoustique non réverbérante, en cercle orienté vers l'intérieur (la seule fois où j'ai employé un cercle...).

extension du dispositif primaire surface, mais compte tenu de la nature des sons et de l'acoustique il est ici plutôt conçu et perçu comme une ligne bouclée.

"La Tour aux métaux d'oubli", six canaux. En hélice. Ce dispositif est installé dans un escalier, si possible en colimaçon, et l'acoustique doit être réverbérante.

dispositif hybride 2D / 3D, entre le chemin vertical et la pyramide

Le Tactile et le Ductile, cinq canaux. En arche, très petite salle. Un siège entouré de cinq haut-parleurs : ce dispositif, on s'en doute, joue sur la proximité des sons...

variation du dispositif primaire surface

Contes et Légendes de l'Invisible, quatre canaux. En pyramide, en position centrale dans la pièce. Quelle que soit la position des auditeurs, il y a toujours une enceinte qui se présente de dos. Ce simple phénomène "d'ombre acoustique" incite à changer les "points de vue".

dispositif primaire pyramide

Intérieur mauve avec personnage, trois canaux, en triangle.

dispositif primaire surface à trois canaux au sol

Dynamique de l'ailleurs, deux canaux. En ligne, couloir, acoustique si possible réverbérante. La disposition face à face des deux enceintes éloignées fait percevoir l'espace comme deux sources indépendantes reliées par un halo diffus.

dispositif primaire ligne

La voie souterraine, un canal, en point. L'enceinte est posée au sol, orientée vers le plafond. L'acoustique doit être réverbérante.

dispositif primaire point