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Les Dispositifs de projection

Tentative de classification

Principe | Catégories | Exemples

   Essayer de classer quelque chose oblige tout d'abord à définir des catégories, et donc à rechercher des ressemblances, des constantes, à faire ressortir d'une apparente diversité des "règles" sous jacentes.
Bien sûr, ces catégories dépendent de l'intention de celui qui les définit et du but qu'il poursuit...

   En ce qui concerne les manière de concevoir les positions d'un ensemble de haut-parleurs par rapport à des personnes qui écoutent ce qu'ils projètent, une telle tentative possède au moins le mérite d'amener à réfléchir sur les organisations spatiales possibles des dispositifs, et du coup, peut-être, à envisager des solutions originales et à prendre en compte certains aspects souvent laissés de côté et dont l'intégration dans les préoccupations compositionnelles ouvrent pourtant un champ d'exploration particulièrement excitant !

 

 Principe

   Un dispositif de projection peut être caractérisé par les aspects suivants :
- canaux : le nombre de canaux de projection indépendants (correspondant au nombre de canaux du support en projection directe), qui, en multiphonbie, est en principe égal au nombre d'enceintes. Celles-ci peuvent néanmoins être plus nombreuses si certains canaux sont associés à des groupes d'enceintes (clusters) généralement pour des questions de directivité ou de puissance. Ceci ne change pas la nature du dispositif.
- dimensions : 0, 1, 2 ou 3 (voir les dispositifs primaires) ;
- plans : le nombre de niveaux de distance par rapport à l'auditeur ou à un point de référence, dans une direction donnée. Ils sont comparables à des pelures d'oignons plus ou moins complètes. L'existence de plans permet de jouer sur la distance projetée.
- directions : les directions de projection des enceintes. Elles peuvent être parallèles (toutes les enceintes sont orientées dans la même direction), convergentes (toutes les enceintes sont focalisées vers un point unique), divergentes (le contraire), ou quelconques. Le paramètre de direction n'a de sens que si les enceintes sont directives. Dans le cas d'enceintes omnidirectionnelles ou bi-directionnelles (cas les plus fréquents) il convient bien sûr de le préciser. Les orientations d'enceintes ayant un rôle avant tout d'effet acoustique (réflexions sur les murs...) relèvent de "cas particuliers" non pris en compte dans cette description...
- symétrie : l'existence ou non d'un ou plusieurs axes de symétrie (radiale, axiale, sans sysmétrie) ;
- environnement : la place de l'auditeur par rapport à l'ensemble du dispositif. Il peut se situer à l'intérieur de l'espace délimité par les enceintes ("surround", disposition d'acousmonium classique...), à l'extérieur ("sculptures sonores", il peut en faire le tour par exemple), partiellement ou totalement.
- orientation : comment le public est orienté par rapport à l'ensemble du dispositif de projection s'il occupe une place fixe. Dans le cas d'installations où le public se déplace, le dispositif sera dit non orienté. Dans les autres cas, si l'auditeur est assis ou contraint d'adopter une position particulière, l'orientation peut être unique (tout le monde est bien aligné...), radiale ou multiple.
- taille : la surface ou le volume en mètres occupés par le dispositif, sous la forme de valeurs fixes ou de limites inférieures / supérieures, ou par catégorie (petit, moyen, grand, très grand ?).

   Note à propos de la symétrie :
   En projection directe multiphonique, ou à plus forte raison en projection simulée, il est important de ne pas confondre l'implantation des haut-parleurs et la nature des masses spatiales projetées. Même si le dispositif détermine en grande partie les masses spatiales possibles, il ne se confond pas avec elles, il les supporte.
Par rapport à la projection interprétée de supports "pocophoniques", la notion de conservation de la "symétrie stéréophonique" ou, si on le souhaite, de sa dissymétrisation n'a plus lieu d'être, car chaque objet peut posséder une masse spatiale qui lui est propre, librement combinée et superposée aux autres, et s'inscrivant dans le maillage du dispositif ainsi que le compositeur l'a souhaité, chacune étant aussi "dyssimétrique" qu'il le souhaite.
   Lorsque le lieu ou un propos compositionnel ne l'impose pas, une disposition non symétrique veut simplement dire que l'on s'interdit certaines possibilités spatiales...
   Ceci veut dire que le choix d'implantations non symétriques que l'on peut trouver dans l'implantation de certains acousmoniums pour des raisons de stratégie d'interprétation ou surtout d'esthétique visuelle ne possède que très peu d'intérêt en projection multiphonique, hormis bien sûr dans le cas des installations ou de lieux à l'architecture particulière (autre que parallélépipédique...) lorsque celui ci est pris en compte dès la composition.

 

 

 

 

 Les catégories

   Note : si un certain nombre de dispositions correspond précisément à une de ces catégories, de très nombreux cas, comme les dispositions d'acousmoniums en concerts ou des installations, se situent évidemment dans des situations intermédiaires et combinent des caractéristiques de plusieurs d'entre elles.

 Dispositifs
 équidistants
 focalisés 

- canaux : 2 et plus
- dimensions : 1 et plus
- plans : 1
- directions : convergentes
- symétrie : (radiale)
- environnement : normalement intérieur partiel ou total
- orientation : unique ou radiale
- taille : ?

   Dans ces dispositifs la distance entre chaque projecteur et l'auditeur idéal est constante.
Il en résulte qu'une zone unique correspond au point où l'équilibre spatial est optimum. Selon la résolution du dispositif, le nombre de ses dimensions, sa taille, les techniques utilisées pour la création/contrôle des espaces des sons projetés (HRTF, Ambisonic...) et la nature de l'écriture spatiale (plus enveloppante ou plus cinétique), la zone d'écoute acceptable peut être plus ou moins large, mais de toute manière la perception spatiale devient de plus en déséquilibrée à mesure qu'on s'en éloigne.
  La plupart des dispositions d'écoute sont à orientation unique, ce qui correspond à l'écoute assise traditionnelle en concert ou à la maison.

   Applications : quadri, formats "surround", cercle octo classique, cube 8, sphère à la Stockhausen... La stéréo traditionnelle représente un cas particulier où l'environnement est "extérieur partiel".

 

 

 

 Dispositifs
 équidistants 
 directifs

- canaux : 2 et plus
- dimensions : 1 et plus
- plans : 1
- directions : parallèles
- symétrie : ?
- environnement : extérieur partiel
- orientation : unique
- taille : ? 

   Tous les projecteurs sont situés sur un même plan et dirigés dans la même direction. La zone d'écoute idéale est représentée par une ligne ou plutôt une bande plus ou moins longue et large à l'intérieur de laquelle les points d'écoute peuvent être différents mais restent convenables.

Applications : "mur" de haut-parleurs, ligne octo des ateliers DeltaP...

 

 

 

 Dispositifs non
 équidistants

- canaux : 3 et plus
- dimensions : 2 ou 3
- plans : 2 et plus
- directions : parallèles (éventuellement par groupes) ou convergentes
- symétrie : ?
- environnement : extérieur partiel ou intérieur
- orientation : ?
- taille : ? 

   Cette disposition permet une profondeur de champ permise par les différents plans de distance de projection. Elle nécessite un dispositif à au moins deux dimensions pour fonctionner correctement. Ces dispositifs peuvent être ou non focalisés.
   La taille de la zone d'écoute convenable et sa position dépendent essentiellement de la valeur de l'environnement, pouvant aller d'un point unique lorsque la direction de projection est radiale (convergente) à une bande plus ou moins large lorsqu'elle est multiple ou unique.

Applications : acousmoniums "scéniques"...

 

 

 

 Dispositifs
 groupés

- canaux : 3 et plus
- dimensions : 2 ou 3
- plans : 2 et plus
- directions : quelconques, divergentes
- symétrie : ?
- environnement : extérieur partiel ou total
- orientation : multiple
- taille : ?  

   Les enceintes sont rassemblées pour former un ou plusieurs groupes où les projections sont généralement dirigées vers l'extérieur du groupe. La zone d'écoute n'est pas circonscite à une zone spécifique et l'auditeur peut prendre des positions et des orientations variables.

Applications : installations...

 

 

 

 

 Exemples

Dispositif 5.1 classique de type "Home Theater" :
- canaux : 5 + 1
- dimensions : 2
- plans : 1
- directions : radiale
- symétrie : axe central
- environnement : intérieur
- orientation : unique
- taille : petit...

Le dispositif de projection de l'IMEB (Bourges), la très grande majorité des projecteurs sonores est placée sur une scène devant l'auditoire, sous forme de groupes devant posséder des caractéristiques acoustiques différentes :
- canaux : ± 30 ??
- dimensions : 2,5
- plans : 3
- directions : unique
- symétrie : axe central
- environnement : extérieur
- orientation : unique
- taille : grand...

L'Audium de Stan Shaff à San Francisco, conçu comme une hémisphère où les haut-parleurs sont peu visibles, le public est placé d'une manière concentrique :
- canaux : ? (160 haut-parleurs)
- dimensions : 3
- plans : 1
- directions : radiale
- symétrie : radiale
- environnement : intérieur
- orientation : radiale
- taille : moyen...