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Projeter des sons à partir de plus d'un haut-parleur pose
une infinité de questions, parmi lequelles :
-
quel type d'image spatiale souhaite-t'on créer : précise, diffuse, enveloppante,
éclatée ?
- pour quel auditoire, dans quelles circonstances ?
- essaie-t'on
de reproduire un espace acoustique pré-existant ou d'en "inventer" de nouveaux
?
- quel sont les rapports
qui existent entre la manière dont le signal est inscrit
sur le support et les canaux de projection ?
- existe-t'il une liaison avec
des éléments visuels ?
- les auditeurs sont-ils rassemblés en une même zone ou
se déplacent-ils ? Comment sont-ils orientés ?
etc...
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Aux questions posées au début, il n'existe évidemment pas de réponse
unique,
de technique étant sensée couvrir tout le champ des possibles sonores
et des territoires de l'écoute. Aucune n'est "naturelle",
même celles qui semblent s'appuyer sur
des théories acoustiques.
Chaque technique de projection sonore possède un champ d'application
pour lequel elle est particulièrement adaptée.
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Projection Directe : des objets sonores sont librement répartis selon des techniques variées (capture multi-microphonique, contrôle des intensités etc.) sur les différents canaux d'un support dont chaque canal est directement relié à un canal de projection (écoute domestique stéréo et "5.1", séances n-phoniques, installations, cinéma et vidéo...).
Projection Indirecte : des objets sonores sont capturés dans un espace acoustique (microphones) ou sont répartis sur différents canaux, et sont ensuite regroupés selon un calcul particulier sur deux ou quatre canaux (ou plus) ; le calcul est ensuite inversé et les objets répartis sur un nombre variable de canaux de projection (anciens formats "surround", certains modes de capture microphonique).
Projection Interprétée : des objets sonores sont mélangés sur deux canaux ou plus, et sont ensuite dupliqués d'une manière dynamique lors de diffusions publiques sur un nombre supérieur de canaux de projection (concert uniquement).
Projection Simulée (WFS) : les objets sonores sont placés dans un espace virtuel, qui est transformé selon un calcul particulier en variations acoustiques générées par un grand nombre de canaux de projection (concert, installations, cinéma ?).
Projection Simulée (HRTF) : des objets sonores sont placés dans un espace virtuel, modifiés selon un calcul particulier et projetés par deux canaux (jeux vidéo, "son surround" au casque).
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proj. directe |
proj. indirecte |
proj. interprétée |
proj. simulée |
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matriçage |
ambisonic |
HRTF |
WFS |
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| correspondance des canaux |
oui
: 1 à n |
non
: 2 => 3 à 7 |
non
: 4 / 9 / 16 => 2 à n |
non
: 1 à 8** => non défini |
oui : 2 |
non |
| points de projection virtuels |
non
(position fantômes) |
oui, mais peu efficaces |
oui |
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fixation complète |
oui (dispositif implicite ou explicite) |
partielle
selon décodage |
non |
oui |
selon la programmation logicielle |
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|
traitements |
oui |
(possible) |
non |
(oui) |
(possible
mais déformation) |
(certains
intégrés
dans le calcul WFS) |
| jeu
instrumental (synthèse, échantillonnage) |
oui |
(éventuel) |
non
(mais possible comme étape finale) |
(oui) |
(éventuel) |
(possible) |
|
applications |
capture
multi-microphonique, traitements, synthèse, contrôle des masses et des empreintes
spatiales, projection |
diffusion |
capture
microphonique, contrôle des masses spatiales, diffusion |
projection
(contrôle des masses spatiales) |
diffusion |
capture
microphonique ?, contrôle des masses spatiales, projection |
| formules | supports
domestiques et cinéma, installations,
séances, (éventuellement concert) |
supports
domestiques (et cinéma) |
installations
(domestique avec décodeur) |
concert
uniquement |
supports domestiques, jeux |
installations,
cinéma ? |
| définition / résolution | illimitée,
fonction de la disposition et du nombre de canaux |
moyenne |
variable
/ fonction de l'encodage ("ordre"), dispositifs centrés
équidistants uniquement |
variable... |
médiocre (HP)
/ moyenne (casque) |
potentiellement
illimitée, dépend du nombre de canaux de projection |
| respect du spectre | excellent |
bon à moyen |
très
bon |
variable |
moyen |
variable
? |
| compatibilité | modification
par proj. interprétée, changement de résolution si dispositif voisin |
- |
technique
de contrôle des masses spatiales en
proj. directe |
pocophonie en proj. directe |
stéréo
en proj. directe |
- |
| outils : nombre, diversité, intégration |
nombreux
et variés, logiciels et plugins, traitements
et instruments |
(encodage) |
peu
nombreux, limités au contrôle
du site de la masse spatiale |
- |
peu
nombreux, limités |
centres de recherche, Wonder (Linux) |
| avantages | efficacité, qualité sonore,
tous dispositifs possibles, c'est la seule technique qui soit utilisable
durant tous les aspects
d'une composition |
ne
nécessite que deux canaux, compatible stéréo
sans décodage |
ne
nécessite que 4 canaux en 1er ordre, relative
indépendance du contenu et du dispositif, adaptation au dispositif,
possibilité de concevoir une œuvre indépendamment du dispositif
de projection (mais est-ce un avantage ?...) |
adaptation
facile au dispositif de projection et au lieu |
n'utilise que deux haut-parleurs |
indépendance
artistique
du contenu sonore et du dispositif de projection |
| inconvénients | la
précision dépend du nombre et de la position
des haut-parleurs, dispositifs difficilement interchangeables, nécessité
de concevoir le dispositif comme un élément artitistique (mais
est-ce un inconvénient ?...) |
limite
du nombre de canaux, séparation médiocre |
complexité d'utilisation,
précision très dépendante
de l'ordre et du décodage, dispositifs centrés, nécessité de décodage
en proj. directe pour effectuer des traitements |
dissociation
entre ce qui est composé et ce qui
est entendu par le public, reproduction impossible à moins
d'enregistrer l'interprétation |
écoute
au casque principalement |
complexité, très
grand nombre de haut-parleurs, ressources informatiques |
* Pour certains aspects d'acoustique et de signal, voir le mémoire de Daniel Courville Procédés et systèmes d'enregistrement et de reproduction sonores en trois dimensions.
** Je pose arbitrairement le nombre de huit canaux comme limite supérieure au format source en projection interprétée, car au delà le procédé n'offre que peu d'intérêt sur les acousmoniums actuels. Mais il peut bien sûr être quelconque.